Économie
déclaré : Le Plan est présenté comme une « ardente obligation », instrument d'orientation de l'investissement national. Position dirigiste affirmée dans le discours, plus que dans les mécanismes réels.
de Gaulle, 1970 · Kuisel, 1984
de facto : Les IVe et Ve Plans orientent le crédit et l'investissement, mais restent indicatifs : les entreprises ne reçoivent pas d'objectifs contraignants. La pratique est en deçà du discours.
Kuisel, 1984
déclaré : Position sans doctrine affirmée : le Marché commun est accepté comme un instrument de puissance, l'indépendance industrielle comme un objectif. Les deux se compensent.
Communautés européennes, 1957
de facto : Le traité de Rome est appliqué, les droits de douane intracommunautaires supprimés avec un an d'avance en 1968. La pratique est plus ouverte que le discours.
Communautés européennes, 1957
de facto : Aucune nationalisation ni privatisation d'ampleur pendant onze ans : le périmètre public hérité de 1945 est maintenu tel quel.
Kuisel, 1984
déclaré : La participation et l'association du capital et du travail sont une constante du discours de 1948 à 1969, présentées comme une troisième voie entre capitalisme et communisme.
de Gaulle, 1970 · Berstein, 2001
de facto : L'ordonnance de 1967 crée un intéressement financier obligatoire au-delà de cent salariés, avec des sommes bloquées cinq ans. Aucun transfert de pouvoir dans l'entreprise : l'écart avec vingt ans de discours est mesurable.
République française, 1967
de facto : Extension de la couverture sociale et accords de Grenelle en 1968, avec une hausse du SMIG de 35 %. Redistribution réelle, souvent obtenue sous pression.
Berstein, 2001
déclaré : sans position Aucune position doctrinale : la politique économique relève pour lui de la volonté nationale, sans théorie de la règle ni de la relance.
Kuisel, 1984
de facto : Le plan de stabilisation Pinay-Rueff de 1958 et le franc lourd de 1960 relèvent de l'orthodoxie monétaire et budgétaire. L'axe révèle ici une position que le discours ne formulait pas.
Kuisel, 1984
État et pouvoir
déclaré : Tradition centralisatrice assumée, tempérée par le projet de régionalisation qu'il soumet au référendum en 1969.
de Gaulle, 1946
de facto : Renforcement des préfets et de la planification nationale ; le projet de régionalisation est rejeté par référendum en 1969, et rien n'est décentralisé.
République française, 1958
déclaré : Le discours de Bayeux réclame un chef de l'État placé au-dessus des partis, doté de pouvoirs propres et pouvant recourir au peuple. Le déséquilibre en faveur de l'exécutif est explicitement voulu.
de Gaulle, 1946
de facto : Élection du président au suffrage direct en 1962, imposée par un référendum dont la procédure est jugée irrégulière par le Conseil d'État. La pratique va plus loin que la doctrine.
République française, 1958 · Rosanvallon, 2015
déclaré : L'autorité de l'État est le thème central du discours de Bayeux, qui décrit le régime des partis comme une impuissance dangereuse.
de Gaulle, 1946
de facto : Recours à l'article 16 pendant cinq mois en 1961, Cour de sûreté de l'État, contrôle de l'ORTF : la pratique est plus dure que le discours.
République française, 1958
déclaré : Le référendum est le cœur de la doctrine : le chef de l'État tire sa légitimité d'un lien direct avec le peuple, sans médiation partisane. Position basse, revendiquée.
de Gaulle, 1946
de facto : Quatre référendums en onze ans, mais gouvernement par de hauts fonctionnaires et par le domaine réservé. Les deux pratiques se compensent.
Berstein, 2001
déclaré : L'État doit porter la recherche, l'industrie d'armement, l'aménagement du territoire et l'indépendance énergétique : un périmètre large, justifié par la puissance.
de Gaulle, 1970
de facto : Force de frappe, Concorde, plan Calcul, aménagement du territoire, extension de la scolarité obligatoire à seize ans en 1959.
Kuisel, 1984
Culture et société
déclaré : Point le plus contesté de la fiche. Les écrits mêlent une conception historique et culturelle de la France et un refus explicite de la définir par la race. Position quasi neutre, à étayer davantage.
Renan, 1882 · Berstein, 2001
de facto : L'indépendance accordée à l'Algérie contre son propre camp initial, et le rapatriement puis l'intégration des populations, relèvent d'une conception politique plutôt qu'ethnique de la nation.
Berstein, 2001 · Renan, 1882
déclaré : périphérique Catholicisme personnel affirmé, jamais traduit en programme : la laïcité de l'État n'est pas remise en cause dans ses écrits.
République française, 1905
de facto : La loi Debré de 1959 finance l'enseignement privé sous contrat, en majorité catholique. Intervention modeste mais réelle, jamais annoncée en doctrine.
République française, 1905 · Baubérot, 2015
déclaré : Culture du commandement et de la hiérarchie militaire, associée à une égalité des citoyens devant la nation.
Arneson, 2013
de facto : Aucune politique d'égalisation des conditions ; les écarts de revenus se creusent pendant la période de croissance.
Piketty, 2013
déclaré : Une « certaine idée de la France » adossée à la continuité historique, associée à un modernisme technique et industriel revendiqué.
de Gaulle, 1970 · Berstein, 2001
de facto : Conservatisme sur les mœurs, avec une exception notable : la loi Neuwirth autorisant la contraception est promulguée en 1967 sans soutien présidentiel actif.
Berstein, 2001
déclaré : République une et indivisible, sans reconnaissance de communautés : principe jamais discuté dans la doctrine.
Song, 2020
de facto : Aucune reconnaissance de statut particulier, y compris pour les langues régionales et pour les rapatriés d'Algérie, traités comme des citoyens ordinaires.
Song, 2020
déclaré : Légitimité mixte : légale par la Constitution, historique par l'appel du 18 juin. La seconde est constamment invoquée, ce qui la place au-dessus du seul suffrage.
Weber, 1919 · de Gaulle, 1946
de facto : Les référendums sont posés comme des questions de confiance personnelle, et il démissionne après celui de 1969. La légitimité se joue sur le lien direct, au-delà de la règle constitutionnelle.
Weber, 1919
International
déclaré : Doctrine de la grandeur et de l'action mondiale de la France, avec dissuasion nucléaire autonome et présence en Afrique.
Waltz, 1979
de facto : Interventions africaines et essais nucléaires, mais retrait d'Algérie et discours de Phnom Penh en 1966 contre l'engagement américain au Vietnam. Position plus basse que la doctrine.
Waltz, 1979
déclaré : sans position Aucune doctrine sur l'immigration, qui n'est pas un objet du discours politique de la période. Position neutre par absence de source, non par équilibre.
Joppke, 1999
de facto : Immigration de travail encouragée pour les besoins de l'industrie, avec régularisations massives et accords bilatéraux. Pratique nettement ouverte, sans doctrine.
Joppke, 1999
déclaré : L'indépendance nationale est le principe organisateur de toute la doctrine : ni intégration atlantique, ni supranationalité européenne.
Krasner, 1999 · de Gaulle, 1970
de facto : Sortie du commandement intégré de l'OTAN en 1966, veto à l'entrée britannique en 1963 et 1967, politique de la chaise vide en 1965, refus du vote à la majorité au Conseil. Position vérifiable acte par acte.
Krasner, 1999 · Berstein, 2001
Écologie
déclaré : Axe hors du champ doctrinal de la période. La préférence pour la grande technologie pilotée par l'État oriente la position déduite.
Asafu-Adjaye, 2015
de facto : Axe anachronique. Le choix de la grande technologie pilotée par l'État, dont le nucléaire naissant, oriente la position déduite du côté technique.
Asafu-Adjaye, 2015
déclaré : L'industrie, l'énergie et les grands équipements sont des attributs de la puissance nationale. Aucune limite environnementale n'entre dans le cadre.
Meadows, 1972
de facto : Programme électronucléaire, sidérurgie, complexes industriels lourds : la production prime sans contrepartie environnementale.
Meadows, 1972