Trotskysme
1938-aujourd'hui, Europe (en France, Lutte ouvrière et les héritiers de la Ligue communiste)
Le communisme de l'opposition au stalinisme : propriété collective et planification, mais sous le contrôle démocratique des conseils ouvriers, pluralité des partis dans le cadre soviétique, internationalisme et révolution permanente contre le « socialisme dans un seul pays ».
Confiance du positionnement : moyenne
Comparer cette doctrine à une autre position
Points contestés
- La doctrine se réclame d'une démocratie des conseils que son fondateur n'a pas pratiquée au pouvoir : commissaire à la guerre, il a dirigé la répression de Cronstadt en 1921. La fiche positionne les textes de l'opposition, pas la pratique bolchevique de 1918 à 1923.
- La famille est divisée, entre courants qui privilégient l'intervention ouvrière et courants ouverts aux mouvements sociaux, écologistes ou antiracistes. Sur la reconnaissance des appartenances et sur l'écologie, les organisations héritières ne disent pas la même chose, et la fiche le marque.
Positions, axe par axe
Chaque curseur est suivi de ce qui le justifie et des références qui permettent de le contester. Une position sans explication ne serait pas vérifiable.
Économie
La planification remplace le marché, mais La Révolution trahie impute les échecs du plan soviétique à la bureaucratie : le plan doit être démocratique, contrôlé par les producteurs et les consommateurs, et admettre le calcul monétaire.
Le monopole d'État du commerce extérieur est défendu comme une protection de l'économie planifiée contre le marché mondial, sans autarcie : l'économie d'un seul pays ne peut pas se suffire, et c'est tout l'argument contre Staline.
Expropriation des banques et des branches clés de l'industrie, et refus de toute indemnité, qui distingue ce programme des nationalisations réformistes. La propriété collective est le fondement de l'« État ouvrier » ; la petite propriété paysanne et artisanale peut subsister pendant la transition.
Comités d'usine, contrôle ouvrier sur la production et ouverture des livres de comptes : le Programme de transition place les travailleurs à la direction de l'entreprise avant même la prise du pouvoir.
Échelle mobile des salaires contre la hausse des prix, dénonciation des privilèges matériels de la bureaucratie soviétique : l'égalisation des conditions est le but, et les écarts tolérés sont temporaires.
Règles ou discrétion en politique économique périphérique
+60
Aucune règle ni institution indépendante ne doit borner les choix économiques de l'État ouvrier : la monnaie et le crédit sont des instruments du plan.
État et pouvoir
Le parti fonctionne selon le centralisme démocratique, et l'économie planifiée suppose une coordination centrale, que les soviets doivent contrôler sans la fragmenter.
Pas de contre-pouvoirs libéraux, juges constitutionnels ou séparation des pouvoirs : le pouvoir des conseils est souverain. Mais la pluralité des partis soviétiques et le droit de tendance limitent ce pouvoir de l'intérieur.
Liberté de la presse, de réunion et des syndicats, légalisation des partis soviétiques contre la dictature bureaucratique : les textes de l'opposition défendent les libertés pour la classe ouvrière, dans le cadre d'une dictature du prolétariat assumée.Contesté : La pratique de Trotsky au pouvoir, de la militarisation du travail à Cronstadt, place la répression bien plus haut que ses écrits d'exil. La valeur retient les textes de la doctrine.
Démocratie des conseils, délégués élus et révocables : c'est l'argument central contre une bureaucratie qui prétend gouverner au nom d'un savoir. La Révolution trahie oppose la démocratie soviétique au pouvoir des « spécialistes » et des fonctionnaires.
L'État ouvrier prend en charge la production, le logement et la protection de tous, en attendant son dépérissement. Aucun domaine économique n'échappe à la décision collective.
Culture et société
Internationalisme de principe : la IVe Internationale se fonde contre le « socialisme dans un seul pays », et l'appartenance qui compte est de classe, pas de nation.
Intervention de l'État dans le fait religieux périphérique
+0
Séparation stricte de l'Église et de l'État, sans programme de combat antireligieux : les organisations héritières défendent la laïcité, avec des désaccords récurrents sur le voile.
Une société sans classes est le but, et la naissance d'une caste privilégiée en URSS est l'accusation centrale portée contre le stalinisme.
La Révolution trahie dénonce le recul soviétique des années 1930 sur l'avortement, le divorce et la famille, que la révolution devait libérer. La transformation des mœurs fait partie du programme.
Droit des nations à disposer d'elles-mêmes et soutien aux luttes des peuples colonisés, mais primauté de la classe sur toute autre appartenance. Les héritiers se partagent entre ces deux fidélités.
Matérialisme historique : aucune légitimité ne vient d'une transcendance, et la loi exprime le pouvoir de la classe qui gouverne.
International
Anti-impérialisme et refus des guerres entre puissances capitalistes : le Programme de transition appelle à combattre la guerre qui vient, sans pacifisme de principe puisque la défense de l'URSS reste un devoir.
Les travailleurs n'ont pas de frontières : liberté de circulation et régularisation de tous les sans-papiers sont des revendications constantes des organisations héritières.
Le mot d'ordre des « États-Unis socialistes d'Europe », lancé par Trotsky dans les années 1920, appelle une fédération au-dessus des États ; les organisations héritières combattent l'Union européenne comme construction capitaliste, sans défendre la souveraineté nationale.
Écologie
Moyens de la transition écologique sans position
+0
Même division que sur la priorité écologique : planification pour les uns, suspicion envers la sobriété imposée aux travailleurs pour les autres. La valeur est une convention.
Priorité écologique sans position
+0
Les textes fondateurs ignorent la question, et les héritiers se divisent : une partie se réclame de l'écosocialisme, une autre reste attachée au développement des forces productives. Aucune position commune ne peut être prêtée à la doctrine.
Pour aller plus loin
- Le réquisitoire contre la bureaucratie stalinienne : l'URSS reste un « État ouvrier » par sa propriété collective, mais dégénéré par la confiscation du pouvoir. Le texte qui sépare le trotskysme du communisme soviétique sur les axes politiques, tout en l'y rattachant sur les axes économiques.
- Le programme fondateur de la IVe Internationale : échelle mobile des salaires et des heures, contrôle ouvrier, expropriation des banques, légalisation des partis soviétiques. Les organisations trotskystes françaises s'en réclament encore.
- Les TrotskysmesUne introduction par un dirigeant et théoricien de la Ligue communiste révolutionnaire, qui présente la famille dans sa diversité. À lire en sachant que l'auteur est partie prenante des débats qu'il décrit.