Néoconservatisme
1980-2010, États-Unis
Libéralisme économique modéré, conservatisme moral, et surtout promotion active de la démocratie par la puissance militaire américaine.
Confiance du positionnement : moyenne
Comparer cette doctrine à une autre position
Points contestés
- Le courant s'est fracturé après la guerre d'Irak, plusieurs de ses figures s'en étant retirées, dont Fukuyama. La fiche décrit la doctrine à son apogée, entre 1997 et 2005.
- Une partie du courant vient de la gauche anticommuniste. Sa position modérée sur l'État social, inhabituelle à droite américaine, s'explique par cette origine et non par un calcul électoral.
Positions, axe par axe
Chaque curseur est suivi de ce qui le justifie et des références qui permettent de le contester. Une position sans explication ne serait pas vérifiable.
Économie
Marché comme mécanisme principal, tempéré par une acceptation de la dépense publique quand elle sert la puissance nationale.
Libre-échange soutenu, subordonné aux objectifs stratégiques quand les deux entrent en conflit.
Économie de marché sans ambiguïté, avec un scepticisme envers l'entreprise publique.
Hostilité aux syndicats et à la négociation collective, dans la tradition américaine du contrat individuel.
Baisse d'impôts assumée, mais Kristol écrit explicitement que l'État-providence est acquis et qu'il faut l'administrer, non le démanteler. Position moins basse que celle du néolibéralisme.
Règles ou discrétion en politique économique périphérique
-20
Peu de doctrine budgétaire propre : les déficits liés aux dépenses militaires ont été acceptés sans difficulté. Position quasi neutre.
État et pouvoir
Renforcement du pouvoir fédéral en matière de sécurité, malgré une tradition américaine décentralisatrice.
Théorie de l'exécutif unitaire et extension des pouvoirs présidentiels en temps de guerre. Position au-dessus du centre, contestée devant les tribunaux.
Patriot Act, surveillance étendue, détentions hors du droit commun après 2001 : position haute, mise en œuvre.
Gouvernement par des cercles d'intellectuels et de conseillers, avec une méfiance ancienne envers l'opinion sur les questions internationales.
Position en tension : réduction du périmètre social, expansion considérable de l'appareil militaire et de sécurité. Le solde est proche de zéro, ce qui illustre les limites d'un axe unique sur l'étendue.
Culture et société
Appartenance civique fondée sur l'adhésion aux principes américains, avec une exigence d'assimilation culturelle.
Alliance avec la droite religieuse et défense de la place publique de la religion, sans programme théocratique.
Égalité des chances plutôt que des conditions ; les inégalités de résultat sont tenues pour légitimes et incitatives.
Critique de la contre-culture des années 1960 et défense de la famille et de l'autorité, thème fondateur du courant.
Opposition frontale au multiculturalisme et aux politiques de préférence par groupe, au nom du creuset national.
Attachement à une religion civile américaine et au rôle moral de la nation, sans fondement théologique du pouvoir.
International
Guerre préventive, changement de régime, promotion armée de la démocratie : Irak en 2003 en est l'application. Position quasi extrême, et le vrai marqueur du courant.
Position modérée et divisée : une partie du courant défend l'immigration comme force du pays. Position légèrement restrictive.
Refus de la subordination des États-Unis aux institutions internationales, notamment à la Cour pénale internationale.
Écologie
Technologie et marché plutôt que régulation internationale ; refus du protocole de Kyoto.
Scepticisme envers les contraintes climatiques et priorité donnée à la croissance et à la sécurité énergétique.
Pour aller plus loin
- Le néoconservatisme décrit par un de ses fondateurs : acceptation de l'État social, patriotisme, méfiance envers le gouvernement mondial, promotion extérieure de la démocratie. Combinaison qui ne se déduit d'aucune position économique.
- D'où viennent les néo-conservateursLa rupture d'un auteur avec son propre camp après la guerre d'Irak, et l'analyse de ce qui a fait déraper la doctrine. Utile pour distinguer le positionnement doctrinal du courant de sa traduction en politique étrangère.
- Distingue le conservatisme comme attitude devant le changement, le traditionalisme, et le conservatisme de marché contemporain, qui n'ont pas les mêmes positions. Utile pour comprendre pourquoi conservateur ne suffit pas a situer quelqu'un.