Keynésianisme
1936-1975, monde occidental
Le marché ne s'équilibre pas spontanément au plein emploi : l'État agit sur la demande selon la conjoncture, sans posséder ni planifier l'économie.
Confiance du positionnement : moyenne
Comparer cette doctrine à une autre position
Points contestés
- Keynes lui-même se présentait comme libéral et hostile au socialisme ; la doctrine a ensuite été mobilisée par des gouvernements de gauche comme de droite. Le positionnement décrit la synthèse d'après-guerre, pas les opinions personnelles de l'auteur.
Positions, axe par axe
Chaque curseur est suivi de ce qui le justifie et des références qui permettent de le contester. Une position sans explication ne serait pas vérifiable.
Économie
Le marché alloue ; l'État agit sur les grandeurs globales, pas sur les décisions de production. Position claire, et différence essentielle avec la planification.
Ouverture encadrée : le système de Bretton Woods organise le commerce tout en contrôlant les mouvements de capitaux. Position ouverte avec réserve.
Propriété privée maintenue : Keynes propose une socialisation de l'investissement, pas des entreprises. Position légèrement côté privé, souvent mal comprise.
Rapport de force travail / capital sans position
+0
Aucune doctrine sur le pouvoir dans l'entreprise ; le raisonnement porte sur les agrégats. Position neutre par absence d'objet.
La redistribution vers les revenus modestes est justifiée par leur propension à consommer, donc par son effet macroéconomique autant que par la justice.
C'est la position définissante : l'autorité doit pouvoir ajuster la dépense et le taux d'intérêt selon la conjoncture. Le pôle discrétion de l'axe est né de cette doctrine.
État et pouvoir
La politique macroéconomique se conduit au niveau national, ce qui suppose des instruments centralisés.
Force des contre-pouvoirs sans position
+0
Pas de doctrine institutionnelle propre. Position neutre.
Doctrine économique sans programme d'ordre public ; l'inspiration libérale de son auteur incline légèrement du côté des libertés.
La conduite de la politique conjoncturelle suppose des économistes et des administrations compétentes. Position légèrement technocratique, assumée.
Responsabilité du plein emploi et développement de la protection sociale d'après-guerre. Périmètre élargi sans étatisation de la production.
Culture et société
Conception de l'appartenance nationale périphérique
-30
Aucune doctrine de l'appartenance ; le cadre national est un cadre d'action, pas une identité.
Intervention de l'État dans le fait religieux sans position
+0
Aucune position : la doctrine est strictement économique.
Réduction des inégalités présentée comme utile à la stabilité économique autant que souhaitable en soi.
Normes sociales — conservation ou transformation périphérique
+20
Rupture avec l'orthodoxie économique héritée, sans programme sur les mœurs. Position légèrement transformatrice.
Raisonnement en agrégats indifférenciés, sans catégories de groupe. Universalisme par méthode.
Légitimité par les résultats économiques et le mandat démocratique, sans référence transcendante.
International
Interventionnisme extérieur sans position
+0
Aucune position doctrinale. Keynes a joue un role diplomatique majeur a Versailles puis à Bretton Woods, mais au titre de l'ordre économique international, pas d'une doctrine de l'emploi de la force.
Ouverture aux migrations sans position
+0
Aucune position doctrinale : la théorie raisonne sur la demande globale d'une économie nationale et ne dit rien des entrées de population. Position neutre par absence d'objet, non par equilibre entre deux tendances.
Bretton Woods organise la coopération monétaire tout en préservant l'autonomie budgétaire nationale, condition de la politique conjoncturelle.
Écologie
Moyens de la transition écologique sans position
-10
Axe hors du champ de la doctrine. Une politique keynésienne verte relèverait de l'investissement public, ce qui la placerait au centre. Position déduite.
Le plein emploi et la croissance sont les objectifs ; les limites naturelles ne figurent pas dans le cadre théorique.
Pour aller plus loin
- Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaieL'ouvrage qui fondé l'idée qu'un gouvernement doit agir sur la demande selon la conjoncture plutôt que respecter une règle fixe. C'est l'origine du pôle discrétion de l'axe correspondant ; Kydland et Prescott lui répondront quarante ans plus tard.
- Rules Rather than Discretion: The Inconsistency of Optimal PlansL'article qui formalise pourquoi un gouvernement libre de changer d'avis obtient de moins bons résultats qu'un gouvernement lié par une règle : les agents anticipent le changement d'avis et le neutralisent. C'est l'argument technique derrière l'indépendance des banques centrales et les règles budgétaires.
- La Grande Transformation. Aux origines politiques et économiques de notre tempsLa thèse que le marché autorégulateur n'est pas un État de nature dont l'État s'écarterait, mais une construction politique, imposée et maintenue par l'État. Retourne l'opposition habituelle marché contre État, et éclaire pourquoi moins d'État et moins de règles ne sont pas synonymes.