Les axes › Croyances sur le monde
Confiance dans les institutions de production du savoir brouillon
Peut-on se fier à ce que disent la science, les médias et les institutions publiques ?
Axe empirique : il porte sur ce qui est, pas sur ce qui devrait être. Il n'entre pas dans le calcul de votre position idéologique.
- -100Confiance élevéeCes institutions produisent une information globalement fiable
- -50Confiance avec réservesFiables dans l'ensemble, avec des erreurs et des angles morts
- +0Confiance différenciéeÇa dépend fortement de l'institution et du sujet
- +50DéfianceCes institutions sont traversées par des intérêts qui biaisent ce qu'elles produisent
- +100Défiance généraliséeL'information officielle est systématiquement orientée
⚠️ Axe empirique. Il porte sur un jugement de fiabilité, pas sur une préférence politique. Il n'entre pas dans le calcul de votre position idéologique. Voir méthodologie §2.
Pourquoi cet axe est traité à part#
Il existe une différence nette entre :
- croire que les institutions scientifiques disent le vrai — jugement de fait,
cet axe ;
- vouloir que les experts décident — position normative, traitée par
Les deux sont fortement liées empiriquement et logiquement indépendantes. On peut faire pleinement confiance à la climatologie sur les faits et refuser que des climatologues arbitrent le rythme de la transition, qui est un choix de société. Inversement, on peut douter de la fiabilité d'une institution et vouloir malgré tout qu'elle décide, faute de mieux.
Cet axe est inclus dans le questionnaire précisément pour mesurer cette relation au lieu de la présupposer. C'est l'un des résultats les plus intéressants que le projet puisse produire.
Ce que dit l'état des connaissances#
⬜ Section à rédiger. Attention à une difficulté de construction : la « bonne » réponse n'est pas la confiance maximale. Les institutions se trompent, et la défiance est parfois justifiée par des cas documentés. Présenter le pôle bas comme la position rationnelle serait un biais grossier et discréditerait l'ensemble.
Ce que la section doit faire, plutôt : distinguer les niveaux de fiabilité (un résultat répliqué n'a pas le même statut qu'une étude isolée ou qu'une déclaration institutionnelle), et donner des repères pour évaluer, sans délivrer de verdict global.
Pièges et confusions fréquentes#
1. Croire n'est pas vouloir. La distinction fondatrice de cet axe, exposée ci-dessus.
2. Toutes les institutions ne se valent pas. Regrouper science, médias, statistique publique et administrations sur une seule échelle est une approximation lourde : les niveaux de confiance déclarés diffèrent massivement entre elles. Si les données le confirment, décomposer par institution.
3. La défiance n'est pas d'un seul bord. Elle se rencontre à gauche (défiance envers les institutions économiques, les agences sanitaires vues comme captées par les industriels) comme à droite (défiance envers les médias, l'université, les organisations internationales). Les questions doivent couvrir les deux registres, sans quoi l'axe mesurera une appartenance politique déguisée en jugement épistémique.
4. Le pôle haut n'est pas une pathologie. La formulation doit permettre d'exprimer une défiance forte sans que le libellé la disqualifie. Un axe dont un pôle est humiliant ne mesure rien : les répondants s'en écartent.
Sources#
- CHES, variable
antielite_salience— https://www.chesdata.eu/ches-europe. ⚠️ Mesure la saillance du discours anti-élite chez les partis, correspondance très partielle. - ⬜ À ajouter : données de série longue sur la confiance déclarée dans les institutions en France (enquêtes du CEVIPOF ou équivalent) — indispensable pour calibrer les graduations sur des repères réels plutôt que sur des intuitions.
- ⬜ À ajouter : référence sur la distinction entre niveaux de preuve scientifique, pour la section « état des connaissances ».
Pour aller plus loin
- Les données comparées sur la confiance des Français dans autrui et dans les institutions, nettement plus basses que chez leurs voisins. Base empirique de l'axe confiance ; la thèse causale des auteurs, elle, est discutée.
- La Contre-démocratie. La politique à l'âge de la défianceL'idée que la défiance n'est pas seulement une pathologie mais produit ses propres institutions : surveillance, veto, mise en jugement. Contrepoint utile à l'axe confiance dans les institutions, qui sinon se lit trop vite comme une échelle du civisme.
- Ce qu'est une institution et ce que signifie lui faire confiance, question distincte de la confiance envers les personnes qui l'occupent. Distinction nécessaire pour lire l'axe sans le confondre avec un jugement sur les gouvernants du moment.